Cercle spirite Allan Kardec de paris
Cercle Spirite Allan Kardec de PARIS

- Poésie médiumnique -

| Accueil |
| Spiritisme |
| Magnétisme |
| Art |
| Médiumnités |
| Livres |
| Conférences |
| L'association |
| Liens |
| Contact |
| Forum |

> | Peinture | | Poésie | | Sculpture |

 

CHANT DE COTON, CHANT DE SUCRE
L'ESPOIR. MARTIN LUTHER KING
DANS LES RUINES DU TEMPS
PRIERE A L' ENFANT
ESPACE
RENCONTRE
GENOCIDE
TERRES CELTIQUES
LA PLUME OU L'EPEE
UN SOIR AU BORD DE LA FALAISE
LE JUGEMENT DERNIER
LES RAISONS DE LA COLERE
LIBERATION
PREMIER CONTACT

   Les recueils de poèmes

Poésie d'Outre-tombe - Collection Cercle Spirite Allan Kardec

La poésie est immortelle.

La poésie médiumnique est la traduction directe du monde invisible. Les œuvres de ces recueils sont d'un genre particulier puisqu'elles proviennent des esprits.

Ces poésies ont été reçues par écriture automatique et sont là pour témoigner de la continuité de l'art au delà de la mort .

" Poésie d'outre-tombe" : Deux recueils de poésies disponibles lors des réunions publiques ou sur commande.

 

Chant de coton, chant de sucre

Un océan de nuit charriant ses étoiles
Dans les plis tranquilles de ses vagues lointaines
Écoute dans un silence glacial
En bas, le bruit des chaînes
 
Le faon contre la biche dort
La louve allaite sa portée
Au fonds de la forêt sombre, le plus fort
Respecte la maternité
 
Une complainte pourtant
Monte de la vallée traversant la plaine
Une complainte, c’est une douleur trop grande devenue chant
Quand se sont taries toutes les larmes humaines
 
A force de fièvres et de souffrances
Quand il n’y a pas de soleil ni printemps
Quand on ne se souvient plus de son enfance
Alors que l’on a à peine quinze ans
 
Et dans cette agonie, murmure stupéfiant
On entend le bruit des chaînes
Derrière chaque mot aux pieds des enfants
Et derrière chaque strophe au fonds de la géhenne
 
Le cadavre d’un ange que l’on traîne
 
La louve inquiète montre les crocs
La biche se rapproche du faon
Dans un bouge qui n’est que le seuil du tombeau
Une femme voûtée de douze ans
 
Soulève son collier de fer reçu en baptême
Son cou n’est qu’une plaie, elle ferme les yeux
Espérant voir quand s’ouvrira la porte, joie suprême
Avant le maître blanc, la face de Dieu.

| Haut de page |

DANS LES RUINES DU TEMPS

 L’odeur âcre d’un rouge alcool flotte sur les vestiges de l’histoire ; dans les ruines du temps, des fantômes ivres titubent et vacillent sur des tombeaux noirs. Ma mémoire est pleine de ces revenants qui éclairent brusquement les siècles oubliés, offrant crûment à l’homme que je suis l’image du monstre que j’étais.

Des décombres du Colisé, j’entends encore monter aux cieux les cris des condamnés que désossent les fauves affamés.

J’ai vu Rome brûler et la folie applaudir de voir sous la braise incandescente la mémoire et les livres s’ensevelir. J’ai entendu les chairs crépiter dans leur linceul de flammes ; j’ai senti les corps calcinés poser sur moi leur regard de cendre, si effrayant de calme. Ô Dieu ! Que j’ai douté de toi.

J’ai vu Attila inonder de larmes les steppes de Mongolie. Sous cette funeste mousson, j’ai vu des croix pousser. Les oiseaux cessaient de chanter quand leur vol venait à traverser ces champs de corps démembrés.

Dans les ruines du temps, j’ai vu surgir encore d’un brouillard épais les restes d’un continent ; comme un bateau fantôme, il passe encore devant les siècles, semblant chercher les civilisations assassinées. Un indien à sa proue scrute, immobile, les horizons, cherchant désespérément de ses yeux crevés, un de ses descendants, un de ses rejetons.

J’ai vu à l’ombre des cathédrales les bûchers ardents de la sainte inquisition ; j’ai vu, au nom du Père, poser et poser encore de sang froid l’abominable question.

Puis j’ai vu les rayons sombres d’un roi soleil éclairer le monde de ténèbres. J’ai vu les frontières s’avancer sur 20 000 cadavres, étonnants sujets ! puis reculer d’autant. J’ai vu derrière ce triste flux et reflux, un peu de gloire faite de beaucoup d’enfants.

Un instant, j’ai cru le bras de l’homme enfin las, fatigué de tant de crimes, mais déjà le tocsin signalait un brasier qui s’étendait de l’Italie jusqu’aux portes de Chine. Tout trembla, tout vacilla, Austerlitz enfantait Waterloo et un empire sur des millions d’hommes s’écroula.

Je n’ai pas fini ! Écoutez encore ceci. Car c’est l’histoire. Est ce ma faute si elle n’est faite que de bruits et de nuits ?

Sur le chemin des Dames, j’ai marché et me suis enfoncé jusqu’à la taille, dans une boue faite d’acier de chair et de sang : c’était une marée, mais cette mer avait 100 000 enfants.

J’ai vu encore les hommes éteindre les étoiles, cracher à la face de Dieu troublé, Auschwitz et Buckenwald.

J’ai vu encore tant d’orages, de foudres et d’éclairs ; j’ai vu tant de pluie de sang s’abattre sur la Terre ! Et puis, et puis un matin extraordinaire, sur les champs de la mémoire, une fleur a poussé. L’espoir a pris une senteur, celle d’une rose baignée des larmes de l’aurore et de ses pourpres lueurs. L’homme étourdit par cette essence et cette beauté, posa son glaive dans le prés. Alors je l’ai vu s’agenouiller ; j’ai vu la douceur absolue terrasser la brutalité et une fleur transpercer d’un pétale en plein coeur un farouche guerrier.

Ce soir enfin, après une longue odyssée, un enfant retrouve son père et son foyer.

| Haut de page |

ESPACE

  L’espace est un long silence plein de bruits
C’est un cri muet poussé à l’infini
Un écho sans âge où se mêlent confusément
Le verbe des morts au verbe des vivants
Pour chanter ce chant phénoménal :
Les tombeaux mènent aux étoiles !
 
 Oui l’univers sans cesse bégaie l’alphabet de la vie
L’Amour en est la première lettre à moins que ce ne soit l’Esprit
Les galaxies comme les alexandrins
D’une même poésie tracés par la même Main
Remplissent le cosmos cette page sombre
De fureur et d’espoir, de lumière et d’ombre
 
 Et sur ce souffle qui les porte
Dans l’haleine de Dieu qui les emporte
Les mondes pleins de profonds mystères
Répandent la vie la parole du Père
Aux confins de l’infini toujours cette flamme
Éclairant l’éternité cette torche c’est l’âme.
  C. Flammarion

| Haut de page |

GÉNOCIDE

  C’était une plaine tranquille
Où l’herbe grasse nourrissait les bisons
Où la rivière au cours docile
Désaltérait toujours en offrant ses poissons
 
Dans les bois généreux
Abondant, courrait le gibier
Offrant aux chasseurs agiles ou chanceux
Le chant des oiseaux et le manger
 
Le soir quand le ciel se faisait velours
Dans un grand reflet roux
Propice aux amours
Montaient vers le grand Manitou
Le battement des corps et des tambours
 
Puis un jour brutalement
L’horizon devint noir, inquiétant
Un nuage funeste et menaçant
Voilà tout à coup la lumière du levant
 
Le son du clairon alors monta
Paradoxal dans ce décors
Où tout inspirait la vie
Sonna la mort
 
Des canons aux pupilles dilatées d’ombre
S’avancèrent pour un terrible inventaire
Scrutant de leur œil sombre
Tout ce qui dépassait de la Terre
 
Puis leur rétine brilla d’une lueur immonde
On crut voir mille volcans
Dans ce reflet de tombe
Déverser leur lave sur les vivants
 
 Et devant ces cratères se vidant de haine
Le vautour courba la tête comme le loup
Croyant sentir du diable l’haleine
Passer glaciale sur leur cou
 
Les tipis en flammes
Brûlèrent trois jours et trois nuits
Ici pas de prodige, l’énorme incendie
Dévorait une forêt d’enfants et de femmes
 
Car le feu pour s’étendre
Ne connaît qu’une seule loi
Pour faire de la cendre
La chair vaut bien le bois
 
Il dura donc et grandit
Tant qu’il put brûler des âmes
Il avait pour âtre la prairie
Et une cheminée à la mesure du drame
Le ciel tout entier s’assombrit
En toussant cette fumée infâme
 
Il ne manquait plus à cette fournaise
Que la face hideuse d’un ange déchu
Laissant dans cette glaise
Sur le mausolée d’une tribu
 
L’empreinte de son trône, abominable chaise
A la gauche duquel pu être vu
Broutant cette braise, l’âme
De Caïn puisqu’à sa droite, magnifique,
Se dressait l’oncle Sam
Tenant dans sa main le scalp de l’Amérique.

| Haut de page |

LA PLUME OU L'ÉPÉE

   L’épée n’est qu’un coup d’ombre
La plume un coup d’éclair
L’une creuse un trou sombre
Quand l’autre vous déterre
  
Le fer assassin
Peut vous ravir la lumière
Il vous assure au moins
L’anonymat tranquille du cimetière
 
 Mais celui qui succombe
D’un livre en plein coeur
Ne trouvera jamais une tombe
Où se reposer une heure
  
Car un auteur poursuit toujours sa victime
Sans se soucier de l’heure
Et perpétue autant de fois son crime
Qu’il a de nouveaux lecteurs....

| Haut de page |

Le Jugement dernier

  Une ombre se penche, lumineuse et aimante
Sur un corps fatigué, que la vieillesse voûte ;
D’une lèvre tremblante
Et pathétique, ce vieillard doute
 
La frayeur saisit, au bord du gouffre,
Le crime comme la vertu
L’âme se tord et souffre
Lorsqu’elle se sent mise à nue
 
Et la tombe scrute cette profondeur :
L’homme
Et sans erreur
Du mal et du bien fait la somme
 
Que peut on cacher à cet œil inouï !
Sous sa paupière, il y a les étoiles
Il y a l’aurore, il y a l’infini
La chair est un voile
 
Bien mince pour cette pupille énorme
Voyant tout, même ce que l’on se cache
Des courbures de l’âme la plus difforme
Aux ailes d’une mouche que l’on arrache
 
Ce vieillard a peur et s’interroge
Sentant la vie le fuir, n’être plus qu’une lueur
Il entend souffler la forge
Où se forge sa dernière heure
 
Alors les larmes de joie et toutes les malédictions
Les cris de haine et toutes les prières en sa mémoire
Résonnent ; chaque visage retrouve son nom
Chaque nom retrouve son histoire
 
  Et devant cette cascade de souvenirs
L’âme à genoux se désaltère
Il ne reste plus qu’à mourir
Rendre le corps à la terre
 
Puis s’apprêter devant l’ultime instant
A affronter cette pupille au fond de laquelle on voit
Briller le regard d’un enfant
Qui est l’enfant que l’on était autrefois.

| Haut de page |

LES RAISONS DE LA COLÈRE

  Avez-vous déjà entendu l’hydre chanter ? Avez-vous écouté ce monstre fait de ténèbres et de cauchemars déclamer ses poèmes d’airain en mâchant les étoiles ? Avez-vous vu ce reflet d’apocalypsepsalmodier l’humanité sur sa harpe aux cordes de chanvre ? Son chant semble forger dans les sept bouches de l’enfer, c’est une longue et pétrifiante ode dédiée à l’horreur.

Assise à la table de Satan, enivrée de sang, gavée de chairs, elle versifie, elle poétise l’homme-soldat quand celui-ci, au paroxysme de la démence, s’égorge en riant.

Combien de quatrain n’a t’elle pas déjà gravée de sa plume d’acier et de feu dans le granit de la Terre ? Combien de vers n’a t’elle pas déjà tailladée dans les chairs délicates des mères ? Combien d’alexandrins lui ont inspiré les moissons d’enfants, agapes de la folie ?

Au concert de la haine, l’orchestre est grand.

L’humanité a ses levants, ils s’appellent Dante, Goethe, Shakespeare ; elle a aussi ses couchants. Ils sont capables d’autant d’ombre que ces soleils peuvent produire de lumière. Il y a une telle recherche, un tel raffinement dans la finition de certaines guillotines, qu’il faut reconnaître que le meurtre a ses virtuoses, que la torture a ses génies, que la guerre a ses prophètes. Cette valse du malheur, cette symphonie de souffrance a donc ses artistes. Un tortionnaire peut être sophistiqué ; et les bourreaux en col blanc exécutent avec bonheur ces œuvres pleines du sang des vivants et des larmes des morts.

L’hydre paie grassement ses plaisirs. Les musiciens le savent quand ils pianotent aux tombeaux la chanson de Pilate. La raison penche la tête sur sa croix pendant que surgit du sol le III ème Reich ressuscité ; en vomissant de l’ignorance, il cogne à la porte de l’avenir en hurlant : " Je n’ai pas terminé ".

Pendant ce temps, les marchands de larmes ouvrent les crânes sanglants des faibles d’où s’exhalent les parfums subtils et rares de l’or. Ils s’en frottent les mains et se repaissent. Jusqu’à l’étourdissement. Jusqu’à la cécité. Jusqu’à oublier que le superflu de leur vie n’est possible qu’en ôtant le nécessaire à leurs frères.

Sous les lambris et les glaces, sous les meubles Louis XVI, sous les colonnes d’empire, sous les tapis de Perse et les sofas moelleux : le charnier.

Sous le lustre de cristal, sous la tapisserie brodée d’or, sous le vison et la soie, derrière ces pierres de taille, sous la cendre froide de ce Havane : l’indigence et l’exploitation.

Ôtez du mur ce Rembrandt, ce Renoir, ce Picasso et vous apercevrez le cadavre décomposé d’un soldat de douze ans ;

Promenez-vous dans ces jardins anglais et vous verrez dépasser d’un rosier le bras squelettique et inerte d’une vieille prostituée de 14 ans ;

Soulevez cette assiette en porcelaine et écartez avec ses couverts d’argent la caille et les truffes, vous y trouverez de quoi nourrir un enfant durant une année entière.

Demandez-vous combien de crèches couvre la toux lugubre du canon ; demandez-vous combien de dispensaires digère le ventre carnassier de ce cuirassé ; combien de livres et de cahiers, de tableaux noirs et de tables d’écoliers brûlent pour alimenter cette guerre civile ? Combien de vaccins n’existeront pas, combien de vies n’existeront plus pour que ce radar puisse tourner si stupidement en rond ? Combien d’années de retard pour la science cachent les plis sombres et épais de ce budget militaire ?

Si la paix était plus lucrative que la guerre, si l’amour était plus rentable que la haine, comme nous serions heureux !

Dans la balance de l’absolue cependant, le sourire d’un enfant pèse plus lourd qu’un char.

N’acceptons plus le mensonge des fabricants de larmes ; si les ressources existent pour préparer la guerre, existent alors nécessairement les ressources pour bâtir la paix. Au repas de l’incarnation, la table dressée peut être une stèle, elle peut être aussi un autel, celui du combat et de l’espérance.  

| Haut de page |

L'espoir

 J’ai fait un rêve et ce rêve, je l’ai dit à mes frères. J’ai osé rêver un monde où la peau d’un homme, pour être noire, ne serait pas une étoile de David cousue à son destin ; où la peau d’un homme, pour être noire, ne serait pas une couronne d’épine posée sur son berceau et une croix en feu planté sur son tombeau. J’ai rêvé un monde où les hommes auraient eu pour seule religion, le pardon ; pour seul dogme, l’instruction ; pour seul baptême, la fraternité.

J’ai rêvé ce monde et pour l’avoir rêvé, je suis mort. Mais peut importe. Dans leur ignorance, mes assassins s’imaginaient tuer avec moi mon rêve. Or je continue de vivre, or je continue de penser et surtout d’imaginer. Ils auraient dû savoir pourtant que l’on peut bien arrêter un homme en plein élan de générosité, d’une balle en pleine tête, mais que l’idée, elle, continue son chemin. Rien, pas même des siècles et des siècles d’obscurantisme et de terreur, de dictatures et de génocides ne peuvent la stopper. Voilà la force d’un être humain : l’idée.

Et quand cette idée est belle et grande, et quand cette idée tourne sa face vers le soleil et la lumière, c’est tout un monde qu’elle éclaire, c’est toute l’humanité qu’elle éclabousse. Il se trouve toujours des cœurs pour s’abreuver à ce rayon, il se trouve toujours des hommes pour perpétuer le rêve. Et savez-vous pourquoi ? Parce-que s’il venait à en manquer, d’autres se réincarneraient pour qu’il devienne chair, pour que cette idée batte dans le cœur des petits enfants en devenir, de tous ces enfants qui sous l’œil attendri de leurs parents semblent jouer en toute innocence. Or cette innocence, mais le tyran ne le sait pas, cache une monstruosité : un rêve, une idée, un souvenir, un espoir secret, une espérance folle, une chimère peut-être, une volonté farouche cependant : celle d’un monde plus juste, celle d’un monde plus libre et plus aimant. Et l’enfant grandit, et il commence à partager ses jouets, puis à les donner à ceux qui n’en ont pas. Avec lui, l’idée, le rêve grandit. Le tyran est déjà condamné à disparaître. Il ne le sait pas mais l’enfant l’a déjà jugé et prononcé son arrêt.

Bien sûr, ce tyran peut encore border le chemin du rêve de corps mutilés, torturés, de cadavres sans tombes, bien sûr, il le peut, il a toujours ce pouvoir. Mais en réalité, il ne fait qu’accélérer sa chute. Un cimetière peut effrayer celui qui n’a pas d’idées, mais il est source de recueillement profond pour celui qui en possède. Et au creux de ce recueillement profond mûrit un sentiment de révolte. L’enfant devenu homme pouvait encore reculer devant son audace. Maintenant il ne le peut plus. Au nom de ces cadavres qui sont autant de mains tendues devant ses yeux et qui lui montrent un bourreau, il avancera quoi qu’il en coûte.

Il faut donc rêver, il faut donc en nourrir les enfants. Que le sentiment de leur humanité soit leur lait, voilà ce qui sera leur force et l’espoir d’un monde qui les attend. On peut quelques fois se tromper d’idées, on se trompe toujours à n’en avoir pas. Ayez le cran de rêver un monde meilleur et vous aurez alors la force de le bâtir ; car l’homme est ainsi fait qu’il cherche toujours à réaliser ses rêves.

 Martin Luther King 

| Haut de page |

Prière à l’Enfant
  Pardon pour ces nuits sans lune
Pardon pour ces jours sans pain
Pour ses vases pleins d’une eau brune
Pardon pour ce sein
D’où le lait ne coule pas
Pardon pour les famines, pardon pour le choléra
 
Pardon pour ces cathédrales
Pardon pour ces voûtes et ces vitraux
Sous lesquels résonne un pas pontifical
Marchant sur vos os
Pardon pour ces sanctuaires qui devaient être les vôtres
Où s’invite le diable à la table des apôtres
 
Pardon pour ces écoles
Où jamais vous n’irez
Pardon pour ces mines où s’étiolent
Vos six printemps consumés
A quoi bon savoir lire ou écrire d’ailleurs
L’ignorance fait de bons travailleurs
 
Pardon pour les massacres, les tueries
Les carnages et les guerres
Pardon pour le sang de vos pères sans vie
Pour les larmes de vos mères
Pleurant la nuit tout bas
Pardon pour les orphelinats
 
Pardon pour ces rivières, ces fontaines
Pardon pour ces sources claires
L’odeur du bois qui comme une haleine
Flotte sur l’onde qui désaltère
Votre héritage aura un autre goût
Pardon pour ces décharges touffues au fumet d’égoût
 
Pardon pour ces révolutions
Pardon pour ces grands soirs éphémères
Qui ne sont que de grandes nuits où le frisson
N’est pas celui du baiser d’une mère
Déposé sur vos roses joues
Mais celui que la guillotine donne en tranchant le cou !
 
 Ô enfants de la terre
Pardonnez aux hommes
Touchez leur détresse, sentez leur misère
Voyez leurs faiblesses et faites la somme
Ô anges aux ailes brisées
Il est temps de leur apprendre à aimer
 
Vous êtes l’espoir, vous êtes la vie
Enfants, vous êtes cette aurore
Qui annonce l’esprit
Vous jouez à saute-mouton avec les morts
Entre les tombes et les berceaux
Cueillant les blés, brisant les faux !

| Haut de page |

 RENCONTRE

  Lorsque ton âme pleine de sommeil
S’endort doucement en rêvant
Une autre, une autre veille
La nuit patiemment
 
C’est une lumière blanche
Au bout d’un songe
Qui te tire par la manche
Pour te parler sans mensonge
 
Il est l’heure, éveilles toi !
Continuons de construire
Depuis l’éther, dans l’au-delà
Ce que sera l’avenir
 
Il n’est plus temps de dormir
L’aube nous presse !
Et déjà ton âme chavire
sous le cordon cette laisse
 
Qui vibre et se tend sous la matière
Pour rappeler à mon esprit protecteur
Qu’il faut bien rendre aux chairs
L’objet de ma joie, ce qui fait battre mon coeur
 
Alors dépêchons nous et ensemble décidons
De quoi l’aurore en train d’éclore sera remplie
Tu peux baisser les bras, fuir ton incarnation
Tu peux être l’espoir, tu peux être la nuit : choisis !
 
Nous n’avons plus le temps, à ma montre
L’aiguille indique l’heure du dernier conseil
Le souvenir de notre nocturne rencontre
Je l’effacerai tendrement de ta mémoire au réveil
 
Il ne restera alors qu’une image floue
Sous tes paupières engourdies de mon fluide
Qui te fera pressentir ce rêve un peu fou
Cette nuit encore j’ai rencontré mon guide.

| Haut de page |

Terres Celtiques

  Sur le champs aux pierres levées
Les hommes recueillis attendaient
Que Dieu allume ses chandeliers
D’ivoire parsemant le sombre dais
 
Les barbares aux cheveux blancs
Se donnaient la main
Faisant cercle en priant
Pour l’âme d’un romain
 
Dans ce soir d’été
Aux senteurs des bois
Se mêla une pensée
Où se résumait la loi :
Il faut vivre pour aimer
Le rossignol écouta ce mantra
 
Et tandis que les menhirs
Vibraient sous la note des druides
Comme des cordes de granit tendues sous la lyre
Le fils de David
 
Debout parmi ses frères
Vit s’ouvrir la porte du sépulcre noir
Sur l’ombre au front baissé de Jupiter
Murmurant : "  je suis César "
 
J’ai abreuvé cette landes, Bretons
Du sang de vos pères
Et nommé superstition
Ce qui était lumière
 
J’ai brisé vos autels, renversé vos places
Justifié l’asservissement des hommes
Pour que Gergovie s’efface
Au nom de l’ordre et le plaisir de Rome
 
Et ce soir
Vous seuls m’accueillez
Hier je tenais un poignard
Donnez moi une clef !
Celle qui ouvre toutes les chaînes
Et délivre de toutes les haines
 
Le nazaréen alors s’avança
Vers l’homme et non l’empereur
Et pour célébrer le sacre leva
Le calice qui délivre de toutes les peurs
 
Le royaume de mon Père appartient
Aux humbles qui ont compris
Qu’on ne peut ignorer en chemin
Les larmes et croire en Lui
 
 L’âme trempa ses lèvres romaines
A la coupe et bu
Elle pleura et dit : Amen
Puis disparu

| Haut de page |

Un soir, au bord de la falaise

  Je scrutais songeur
Au bord de la falaise et du temps
L’incendie qui embrasait d’une rouge lueur
L’horizon où s’évanouit l’océan
 
J’assistais à ce combat
Où s’empoignent le jour et la nuit
Lutte sans fin où l’on voit
Deux titans se terrasser sans bruit
 
Ces colosses se jetaient au visage
Des soleils et des étoiles
Et de leurs plaies énormes coulaient sur la plage
Tâchant le sable, une flaque de lumière pâle
 
Je regardais étonné
L’embrun défier le granit millénaire
La goutte d’eau est taillée
Pour venir à bout de la pierre
 
Je scrutais songeur
Au bord de la falaise et du temps
Les oiseaux migrateurs
Se dessiner dans le couchant
 
Et je me disais, songeur,
Au bord de la falaise et du temps
Contemplant toutes ces calmes splendeurs
Que Dieu était grand.

| Haut de page |

LIBERATION

 L'univers a donné son secret dans la nuit
Quand la lune a brillé, que les étoiles ont luit
Le voile des chimères s'est déchiré soudain
Pour laisser place au Père et commencer demain
La mort a succombé dans la lumière du soir
Et l'esprit a parlé, il a donné l'espoir
Vérité de mon âme a jamais revelée
Viens avec moi chez l'homme dire sa vérité
Les mensonges ont vécu, la crainte n'a plus place
Les décors d'autrefois dans l'ombre se fracassent
Les violettes étoles au tiroir se rangent
Que la Terre enfin tourne et que les hommes changent
L'éternité avance et brule les décrets
De la science sans vie pour qui rien n'est secret
Les maitres prétendants du savoir et du temps
Vont laisser la lumière pénétrer le printemps
La saison verte et jaune des fleurs du renouveau
C'est la tombe sans morts et l'homme sans tombeau
Hommes de la planète, enfants du Dieu vivant
Je vois deja l'aurore du futur triomphant
A la table de bois ronde comme un soleil
Les voix de l'invisible annoncaient la nouvelle
De l'avenir des hommes sans crainte et sans entrave
Marcher debout et libres dans l'humilité grave
De ceux qui ont compris que l'amour dans la tête
S'echappe du dedans, pour faire de l'esprit son coeur et sa conquête
 
VICTOR HUGO ( 01/03/1985 )

| Haut de page |

PREMIER CONTACT

 Je la revois encore le jour de ma peur
Avec ses longs cheveux le jour de mon heure
Je la revois sourire a mes yeux qui s'étonnent
En me disant,je taime, allons, viens c'est l'automne.
Je la revois chanter ma grande délivrance
Mon angoisse endormie, la fin de ma souffrance
Et c'est comme a l'école, pour la premiere fois
Quand tu te sens petit, tu ne sais pas pourquoi.
C'est un peu de ton coeur arrache a ta mère
Quand madame la mort dans ses grands bras te serre
Je la revois toujours qui m'appelle sans cesse
Et balance son corps que mes deux mains caressent
Je la revois qui tisse une soie transparente
Et m'invite a danser une valse innocente
Je la revois tourner dans la lumiere du bal
Ou se perd mon esprit dans le feu du cristal.
Et c'est comme a l'école, pour la premiere fois
Quand tu te sens petit, tu ne sais pas pourquoi.
C'est un peu de ton coeur arrache a ta mère
Quand madame la mort dans ses grands bras te serre
Je la revois glisser sur un tapis de fleurs
En me disant, reviens, c'est la fin des erreurs
Je la revois sourire avec ses dents de neige
Quand ma memoire éteinte crève le sortilège.
Je la revois heureuse car je me souviens d'elle
En effacant l'oubli qui me force a son ciel
Et c'est comme a l'école, pour la premiere fois
Quand tu te sens petit, tu ne sais pas pourquoi.
C'est un peu de ton coeur arrache a ta mère
Quand madame la mort dans ses grands bras te serre
Je la revois mon guide, ma bien-aimée d'antan
La fin de mes frayeurs, le déclin des tourments.
Je la revois ma femme, ma force et mon destin
Qui me transporte ailleurs. Ne pleure plus, c'est la fin
Je la revois courir dans cet étroit tunnel
Me serrant par la main, la main de Jacques Brel.
Et c'est comme a l'école, pour la premiere fois
Quand tu te sens petit, tu ne sais pas pourquoi.
C'est un peu de ton coeur arraché à ta mère
Quand madame la mort dans ses grands bras te serre
 
Jacques BREL

| Haut de page |

 

 

 

Copyright © Cercle Allan Kardec . Tous droits réservés.